Le Violon de Chair
Sous l’arche nue du ciel sans rideau, un homme se tient, corps offert au chaos. Son violon, bois d’ambre et de larmes, tremble entre ses doigts comme une arme.
Un poignard, cruel, dans sa cuisse planté, Rougit le sol d’un sang presque chanté. Mais il joue encore. Chaque note s’élève comme un oiseau blessé qui rêve.
La corde gémit, la chair aussi, Deux langages mêlés dans l’agonie. Et l’archet trace, sur l’air qui frissonne, Des lignes de feu que la douleur couronne.
Il ne crie pas. Il compose. Son corps devient strophe, sa plaie une pause. Et dans ce ballet entre vie et trépas, la musique dit ce que le silence ne peut pas.
Sous la lune, un homme nu,
Son âme offerte, ses pas perdus.
Dans la nuit vibrait un archet,
Un cri de bois, un sort muet.
Sous les cendres d’un ciel charbon,
Un violon siffla son nom.
Chaque note, une plaie, une lame,
Un râle tiré du fond de l’âme.
Le bois pleura, l’écho saigna,
Le silence enfin l’acheva.
On retrouva ses yeux ouverts,
Fixant l’enfer dans l’univers.
Mort nu, vidé, sans horizon —
Assassiné par un violon.
Trishia MONTOYA |